Newsletter 17
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Madame, Monsieur, Chers amis,

Nous vous présentons dans ce numéro de la lettre d'information les actions de médiation développées à la Duchère (Lyon 9e) où est implantée Là hors de.

Plusieurs temps sont organisés : un cycle d'interventions "découverte de l'art contemporain" à l'école primaire des Anémones, incluant des visites du Musée éphémère et des ateliers en classe ; une série d'ateliers- conférences "art et espace public" en direction des habitants du quartier.

La présentation détaillée de ce parcours duchérois se trouve ci-dessous.

Nous vous souhaitons une bonne lecture et vous adressons nos plus cordiales salutations.

L’équipe de Veduta - Biennale de Lyon


CYCLE "DECOUVERTE DE L'ART CONTEMPORAIN"
avec l'école primaire des Anémones


photo : Stéphane Rambaud

Visites du Musée éphémère (octobre 2007)

Le Musée éphémère est un des projets développés par Là hors de dans le cadre du Projet Sputnik, volet culturel du Grand Projet de Ville de La Duchère.
Les expositions "Entre temps" (première édition en 2006, seconde édition du 14 au 16 décembre prochains, voir www.lahorsde.com) consistent à faire "habiter par l'art" des appartements de la barre des mille restés vides en attendant leur démolition, en les confiant à des binômes artiste-auteur associés chacun à un élu et une famille d'habitants du quartier.

Le cycle "découverte de l'art contemporain" avec l'école des Anémones a donc tout naturellement démarré au coeur du quartier, par une visite du Musée éphémère, guidée par deux des artistes, Julien Léonhardt et Matt Coco, qui ont accueilli sept classes de l'école du CP au CM2, entre le 4 et le 25 octobre.


Julien Léonhardt, "Appartement témoin", 2006
photo : Stéphane Rambaud

Interventions au sein des classes (janvier 2008)

Partant de ces visites, nous avons choisi de poursuivre la rencontre avec les enfants en deux temps autour de l’art contemporain : un diaporama suivi d’un atelier, animés par Caroline Coulomb médiatrice de Veduta.

Contenu du diaporama :
La séance dure 1h : présentation d'une série de photos d’œuvres contemporaines autour de deux thèmes, les œuvres monumentales et les œuvres dans l’espace public, ainsi que quelques œuvres « pop » pour aborder la notion de récupération d’objets (comment les artistes ont transformé notre quotidien en œuvre d’art).
Cette première séance est l’occasion de se poser la question fondamentale « qu’est-ce qu’une œuvre d’art ? » et de présenter l’art contemporain comme lié à notre société actuelle (un ou deux tableaux anciens sont montrés également, reflets eux aussi de leur époque).


photo : Stéphane Rambaud

Contenu de l’atelier :
La séance dure 1h30. Il a été demandé aux enfants d’apporter des objets autour d’un thème simple : une couleur. La première demi-heure sera consacrée à l’inventaire des objets afin de définir le projet en constituant de petites équipes. D’après le principe du « cadavre exquis », ce n’est que dans les derniers instants que nous assemblerons les morceaux, pour mettre en valeur le travail individuel, puis collectif. Nous disposerons d’une heure pour réaliser un oiseau, le plus grand possible.
À la fin de la séance, l’oiseau sera photographié sous toutes ses « coutures », ce sera la trace que les élèves garderont de cette expérience de création collective. Ainsi il ne restera que des documents qui leur permettront de raconter l’expérience, comme ce qui leur a été montré lors du diaporama. Cet atelier met en évidence de façon ludique les différentes étapes de la création (collecte d’éléments, élaboration du concept, réalisation, traces).

CYCLE D'"ENTRETIENS" AVEC LES HABITANTS
sur la question de l’art urbain


photo : Noëlle Chambard (atelier photo "Veduta", MJC Rillieux)

Présentation par le Grand Projet de Ville Lyon La Duchère :

Dans le cadre du Contrat urbain de cohésion sociale de l’agglomération lyonnaise, l’articulation entre l’art et la rénovation urbaine est travaillée à l’échelle des quartiers en politique de la ville. Reconnaissant la capacité de la culture à développer un territoire, le Projet Lyon La Duchère est l’un des rares Grands Projets de Ville en France à s’être doté d’un volet culturel. Celui-ci accompagne et participe activement à la transformation urbaine et sociologique du quartier. Associant les forces vives de La Duchère, du 9e arrondissement et de Lyon, ce projet culturel de développement allie proximité et rayonnement. Le double enjeu est en effet d’enrichir l’offre et les pratiques culturelles du quartier mais aussi de faire rayonner La Duchère et contribuer à son attractivité. Cela se traduit par des résidences d’artistes, des évènements culturels : festival Urban de la MJC Duchère, Nuits sonores par Là Hors De en 2007, exposition hors les murs du Musée d’art contemporain en 2006…

Art urbain
Mais à La Duchère, la question artistique est aussi au cœur du projet urbain. Ses concepteurs, Alain Marguerit et Bernard Paris, entendent bien intégrer et valoriser dans leur projet les qualités géographiques et topographiques du site, ainsi que les constructions symboliques et patrimoniales du quartier. L’ambition est de développer une réflexion globale, à partir de ce patrimoine et des œuvres déjà en place.
Les habitants sont associés à cette démarche. A l’issue d’une récente opération de concertation portant sur l’aménagement de la future place centrale du quartier, les habitants ont souhaité que les échanges se poursuivent autour du thème de l’art urbain, comme lien entre les espaces publics (actuels et futurs) du quartier. Pour préparer et enrichir cette concertation à venir, un cycle d’ateliers-conférences (« les entretiens de La Duchère ») va être proposé aux habitants qui le souhaitent. L’objectif est de partager une culture commune et de croiser les regards sur l’histoire de l’art dans l’espace public, la notion de patrimoine et la prise en compte de celui-ci dans le projet urbain de La Duchère, ou encore les différentes formes d’art contemporain et d’arts vivants dans l’espace public…
Les habitants (et en particulier tous les Duchérois qui se mobilisent dans les opérations de concertation) seront invités début 2008 au lancement de ces « entretiens de La Duchère sur l’art urbain ».
Pour en savoir plus sur le Grand Projet de Ville : www.gpvlyonduchere.org

Veduta Biennale de Lyon s’est naturellement associé à ces ateliers-conférences en proposant l’intervention de Sylvie Lagnier, docteure en histoire de l’art, pour ouvrir le cycle.


photo : Gisèle Vivien (atelier photo "Veduta", MJC Rillieux)

Présentation de l’intervention par Sylvie Lagnier :

Enjeux, fonctions et usages de l’art dans l’espace public
« Dans la seconde moitié du XXe siècle, l’instauration de politiques culturelles et l’évolution des mentalités à l’égard de la production artistique en milieu urbain ont permis aux artistes de renouveler les fonctions urbaines de l’art non plus conçu comme simple objet décoratif, mais comme élément constitutif de l’urbanité.
Dans le cadre d’initiatives pionnières des édiles à la fin des années 1960, puis avec l’institutionnalisation de la commande au cours des années 1980, les artistes n’ont cessé – avec plus ou moins de réussite – de poser les bases d’un dialogue formel et social. Les espaces publics structurent et ponctuent la ville. Supports des fonctions urbaines et des usages sociaux, ils perpétuent l’histoire des lieux, conservant leur mémoire et affirmant l’identité de la communauté pour une meilleure cohésion sociale.
L’introduction de l’art apporte une dimension culturelle, symbolique et formelle et génère de nouveaux repères en raison de sa singularité. Dans ce cadre, le fait artistique met en jeu des espaces distincts : l’espace physique commun aux divers éléments urbains et aux personnes, et l’espace propre à l’œuvre. La rencontre n’a pas toujours lieu au sein d’une traditionnelle harmonie esthétique, le dialogue s’établit aussi dans la rupture et le détournement des codes artistiques et urbains, témoignant ainsi de nouveaux rapports entre la forme et le sens, entre les fonctions et les usages. S’interroger sur la nature d’un tel projet artistique nécessite un élargissement du questionnement à l’urbanité ainsi qu’une réévaluation du statut de l’œuvre, entre autonomie et aménagement urbain. »

(Extraits, Sylvie Lagnier, Sculpture et espace urbain en France. Histoire de l’instauration d’un dialogue, 1951-1992, Paris, Éditions L’Harmattan, 2001, 291 p.)